mardi 19 juin 2012

Sous le règne d'un "grand président"


Qui se rappele encore de cette après-midi du dimanche 30 juin 2002 où Biya'a bi Mvondo Paul Barthélémy, président de la république du Cameroun, accorde une interview surprise à le télévision nationale -je veux parler de l'inénarrable CRTV- à la surprise générale. Un peu plus ou un peu moins d'un heure avant, il a limogé le vieux Koungou Edima Ferdinand, alors ministre de l'admistration territoriale, suite l'échec piteux de l'organisation du scrutin électoral qui devait se tenir ce jour-là.

A l'annonce radiodifusée du coup de savate présidentiel dans les fesses de son grabataire de ministre et du report du déroulement du scrutin, j'entends un voisin se pâmer de ce qu'il considère être une décision digne d'éloges. Ce voisin déclare à qui veut l'entendre:"Popol est un Grand Président !" J'aurai peut-être du me demander à cet instant: Qu'est-ce qu'un Grand Président ? La première réponse à cette question hautement philosophique, c'est le Grand Président himself qui allait me l'apporter ce même dimanche après-midi.

En effet, notre sommité présidentielle déclara  lors de l'interview que ce ne fut que la veille qu'il fut informé par "on" que la tenue du scrutin à la date convenue était plus que problématique. Mais qui pouvait bien être ce "on" ? La presse, les partis politiques de l'opposition, des organisations de la société civile qui, durant les jours, les semaines et même les mois précédents dépensèrent des tonnes de papier, d'encre ou de décibels pour alerter l'opinion et le gouvernement sur l'impréparation de l'échéance électorale ?
Par "on", le Grand Président voulait-il parler de l'administration qui est sous son autorité, des nombreux services de renseignements que notre constitution et nos lois mettent à sa disposition ? Dans ce cas, on se demande comment ceux-ci prirent tant de peine à retrouver le numéro de téléphone du Grand Président pour ne l'appeler qu'à la veille du scrutin.

Quoi qu'il en soit, la première réponse à la question brillait par son évidence. Un Grand Président ne lit pas la presse de son pays, n'écoute ni ses concurrents politiques ni la société civile. Pis encore, il est difficilement joignable au téléphone par son administration.

A l'occasion du retour de Biya bi Mvondo Paul barthélémy d'un [long] séjour privé en Europe, le journal satyriquePopoli commit le crime de lèse-majesté de titrer: "Le grand vacancier est de retour !" Les temps ont bien changé puisqu'on incarcère plus des scribouillards qui font affront à notre Grand Président. Ces esprits chagrins peinent à comprendre que rendre caduques les dispositions constitutionnelles à propos de vacance du pouvoir du fait d'une absence prolongée du territoire contribuent à la grandeur d'une présidence.

La deuxième réponse à la question me vient à l'esprit quand je me rappelle la mansuétude dont bénéficiait le Grand Président de la part mes mères. Elles disaient de lui qu'il était un Bon président mais qu'il était mal entouré. Au risque de paraître macho, je remarque que nos mères veulent plus d'un bon président de qui elles sont proches affectivement que d'un "grand président", expression plus utilisée par nos mâles. Donc, deuxième réponse: un Grand Président n'est pas comptable des incompétences et des méfaits de son entourage, même si c'est lui qui l'a choisi.  

La troisième réponse sortit de la bouche d'un débrouillard qui gagnait sa vie en vendant des biscuits aux voyageurs dans des bus de transport interurbain: "Il n'y a que trois choses de nouveau que Paul Biya a apporté au cameroun: le chômage, le benskin et le call-box." Difficile de dire mieux.

lundi 18 juin 2012

Petite charade obamesque


Pour commencer, un petite charade.

Mon premier est un président qui présente un faux extrait de naissance, façonné grâce à Photoshop ou autres logiciels de retouche d'images, pour convaincre ses compatriotes qu'il est bien et bien né sur le territoire de l'Etat qu'il gouverne parce que dans le cas contraire, il serait juridiquement un usurpateur, serait destitué illico presto et traduit devant les tribunaux.
 
Mon deuxième est homme d'état qui ne sait pas exactement combien de subdivisions politiques et administratives compte son pays. Un peu comme si notre Popol national du Cameroun disait que notre cher et beau pays est constitué de 17 provinces. Pour épicer la sauce, j'ajoute que cet homme d'état croit qu'en Autriche, on parle l'autrichien -puisqu'en France, on parle français.

Mon troisième est un dirigeant qui ne se sépare jamais des ses téléprompteurs pour dire déclâmer de grands discours qui font se pâmer d'éblouissement le monde entier. Une précision importante pour vous mettre sur la voie: même quand il s'adresse aux élèves d'une école primaire, son gadget s'avère indispensable. Comme les réalisateurs et les cameramans des chaînes de télé cadrent au milimètre près le lecteur de téléprompteur, les naïfs téléspectateurs se convainquent que ce monsieur est si intelligent et si sincère qu'il ne s'aide que d'une excellent mémoire et d'un élan de spontanéité. 

Mon quatrième est un président qui a fait explosé le plafond juridique de la dette de son pays par de fumeux plans de relance adossés sur de massives dépenses publiques et continue de clamer, comme s'il prenait ses compatriotes pour des cons, qu'il est le président le moins dépensier de l'histoire de son pays. Toujours sur le chapitre économique, ajoutons qu'il n'est jamais parvenu en quatre ans à faire baisser le taux de chômage en dessous de 8% et rejette la responsabilité de ses échecs sur son prédecesseur. 

Mon cinquième est un homme d'état que mes concitoyens d'Afrique prirent pour un Messie et vouent aujourd'hui aux gémonies depuis que l'idole a participé activement aux reversements des tyrans et fossoyeurs de la démocratie qu'étaient Laurent Gbagbo et Khaddafou. Or, en Afrique on aime plus nos despotes, du moment où ils campent les rôles de héraults de la libération de l'Afrique, qu'un sang-mêlé d'Outre-Atlantique qui trahit -en apparence- le tropisme autocratique de son père africain de la Corne.

Mon sixième, candidat à sa reélection, est donné probable vainqueur par des médias d'Europe occidental -comme RFI ou France 24- qui ne citent que les sondages qui satisfont leurs désirs et taisent plus d'une bonne moitié d'entre elles moins cléments pour leur idole. 

Mon tout est celui que présente la photo de cette article.