vendredi 28 décembre 2012

Misère bienaimée: de la mentalité de sous-développé

Le week-end passé, j’eus l’occasion de rendre visite à des gens qui me
sont très proches. La maison dans laquelle ces personnes habitent
présente un état de délabrement si avancée au point où j’ai eu honte
de lever les yeux pour voir tout un pan des murs en planche rongés par
le temps, l’humidité et les nuisibles. A maints endroits, la toiture
en tôles ondulées laisse traverser par des trous béants les cordes
pluvieuses de Douala. Les trop nombreuses brèches dans les murs
exposent l’intimité des occupants  de la masure.

L’usage a achevé de détruire les marches en ciment pour accéder aux
seuils avant et arrière. La concession où se trouve cette habitation
ne dispose pas de latrines dignes de ce nom. Il faut avoir le cœur
solide et l’organisme vacciné contre la nausée pour aller faire des
selles dans des endroits que je n’ai pas la force de décrire. Mieux
vaut être constipé. Je vous passe de détails encore plus sordides.
Cette maison, construite il y a plus de 40 ans, n’a jamais connu de
véritables travaux de réfection.

Une photo valant plus de milles mots, vous auriez certainement
préférez que j’en publie une afin que vous puissiez vérifier la
véracité de ma description. Mais, un bon nombre de mes contacts
Facebook sauront facilement de qui et de quoi je parle et ils me
reprocheront légitimement d’exposer à l’humiliation  publique des gens
qui nous sont chères.

Au regard de ce que je viens de vous décrire, je me suis demandé
comment nous pouvions accepter de vivre dans une telle misère? A-t-il
manquer des bras - c’est-à-dire des moyens humains - pour arriver à
cette situation si déplorable? Non. Des moyens financiers? Non, si
plusieurs personnes s’attelaient à conjuguer leurs maigres efforts
respectifs. Quoi alors? J’ai une réponse simple: le consentement et
accommodation à ce type de misère-là.

On en arrive au point où on a plus honte d’être si misérable. Non pas
que la pauvreté matérielle en elle-même doit être vécu dans cette
honte, mais le fait qu’on perde conscience du fait qu’une situation
d’extrême dénuement  a très souvent pour cause la paresse et le déni
de responsabilité.

Au lieu de mobiliser individuellement ou collectivement les modestes
moyens physiques, matériels, financiers et intellectuelles pour
satisfaire nos besoins, on préfère cancaner à longueur de journée
contre les «cupides» et «envahisseurs» Bamilékés ou contre les Blancs
«qui pillent toutes nos richesses». Ou se prélasser dans son lit en
attendant que de nouveaux dirigeants politiques prennent le pouvoir,
créent des emplois en un claquement de doigts avec plus de facilité
qu’il n’en faut pour tracer une courbe sur le sol et entreprennent,
avec l’argent gratuit qui tombera du ciel, de venir restaurer nos
habitations délabrées et nous construire des latrines.

Peut-être attend-t-on que les Blancs fassent ce que les ethnies
guerrières et volontiers hégémoniques de l’Afrique précoloniale n’ont
jamais fait: demander pardon «pour le mal qu’ils nous ont fait» par la
traite négrière, le colonialisme, le néocolonialisme, l’impérialisme,
les plans d’ajustement structurel de Breton Woods, la
mondialisation... Et afin d’obtenir notre miséricorde, qu’ils nous
versent des réparations si substantielles à titre de dommages et
intérêts que cela nous permettra de creuser à la pioche les fosses
d’aisance des latrines.

Les tiers-mondistes ont tout faux dans leurs explications
pseudo-scientifiques des causes du sous-développement des peuples
d’Afrique noire. Comme dirait quelqu’un: «It’s mentality at first,
stupid !» Traduction: «C’est d’abord une question de mentalité, imbécile !» En
effet, la mentalité constitue la raison première de la plus-part des
peuples sous-développés économiquement. Mais cela relève de la culture
et non de la génétique.

Étant né à Bafoussam en pays bamiléké, je m’y rendais souvent pour
établir un extrait de casier judiciaire. Un jour, pour m’occuper un
peu en tendant l’émission de document, je décidais de me promener dans
la ville. Une chose me frappa: tout le monde était en activité. Dans
les quartiers, pas de jeunes qui conféraient oisivement sur le
football ou le salaire de Samuel Eto’o.

A ma grande surprise ravie, je vis aussi deux éoliennes fabriquées
avec des moyens de bord, mais qui fonctionnaient parfaitement. Selon
toute vraisemblance, ces œuvres n’étaient pas une lubie de riche mais
la réalisation d’un esprit entreprenant. Faut-il s’étonner que des
entrepreneurs bamilékés soient parmi les plus dynamiques au Cameroun?
A mon observation, ces Bamilékés de Bafoussam ont bien moins une
mentalité de sous-développé que bien d’autres de mes compatriotes.

Un billet de blog ne me permet que d’effleurer à peine la question des
causes du sous-développement en Afrique.  Aux lecteurs qui comprennent
l’anglais américain, je vous conseille vivement d’approfondir le sujet
en lisant les chroniques de Thomas Sowell sur Townhall.com.  

dimanche 23 décembre 2012

De retour sur la blogosphère !

Voilà bien plus de deux mois et demi que je n'ai plus publié un article de blog. Même pas un micro-billet de 50 mots. Cela n'a pas empêché le monde de tourner et je n’ai pas vraiment manqué à ma poignée de lecteurs. La faute au fait que ne possédant plus d”ordinateur  personnel, il m'était plus difficile de prendre le temps qu’il faut, quand il faut et où il faut pour écrire. D’autant plus que mon boulot harassant me pompait les miettes d’énergie qui me restaient.

English: Khaled Meshaal in a meeting with span...
English: Khaled Meshaal in a meeting with spanish journalists (Photo credit: Wikipedia)
La situation s’est légèrement améliorée puisque je possède désormais un vieux desktop avec écran cathodique (sic) et un disque dure qui bruite comme une horloge pour m’avertir que sa mort clinique n’est plus pour très longtemps. Ayant donc peu de temps à consacrer à l’écriture, je n’ai pas vraiment d’autres choix que d’écrire à la truelle. Ce billet  n’est qu’un avant-goût et je vous avertis que ça va s’empirer... Durant mon silence bloguesque, plein d'évènements se sont donc produits.

Commençons par les USA qui ont réélu un président incompétent de haut vol, hyper-narcissique et volontiers arrogant, mais qui possède le génie rare d’enfumer son monde par une belle rhétorique. Je veux parler d’Obama of course. Incapable de mener une véritable politique économique qui aurait contribué à faire revenir son pays à l’ère du plein emploi, il a remué ciel et terre, boue et poubelle pour salir son adversaire républicain. La fin obamesque justifiant les moyens obamaniaques, le type a parfaitement réussi son coup. L’Amérique tombe et Obama agit pour qu’il en soit ainsi parce qu’en son for intérieur, il estime que le monde sera bien meilleur sans interventionnisme et le leadership américain.


Les populations du Nord du Mali apprécient certainement avec joie ce monde post-américain. De même que les islamistes, djihadistes et autres fous d’Allah à qui huit bons mois ont été laissés pour bâtir un nouvel Afghanistan. Les voleurs amputés d’une main, les coupables d'adultère lapidés, les femmes forcés de porter le voile islamique après peut-être avoir eu l’honneur de subir des viols islamiques, le patrimoine culturel inestimable de Tombouctou... Tout ce beau monde, et j’en ai laissé bien d’autres d’autres, faute d’espace, plébiscitent l’ère post-américain d’Obama.
120306 Protestors rally for united Libya | مسي...
120306 Protestors rally for united Libya | مسيرة من أجل ليبيا موحدة | Rassemblement de manifestants pour une Libye unie (Photo credit: Magharebia)

En Egypte, en Tunisie, en Libye et dans une moindre mesure au Maroc, les islamistes récoltent allègrement les fruits des fameux et désormais fumeux printemps arabes. A ce sujet-là, je fais mon mea-culpa d’avoir cru dans une pitoyable naïveté à la déferlante d’une vague démocratique et libérale sur le monde arabe... comme si le fait de s’opposer à un dictateur faisait forcément de soi un démocrate.

Les Frères Musulmans d’Egypte, forts du soutien incontestable d’une majorité de la population, mènent, lentement mais sûrement et avec un sens affiné de la tactique politique,leur projet de restauration du Grand Califat. En Libye, des membres d’Al Qaida peuvent bien torturer, sodomiser copieusement, puis tuer un ambassadeur américain sans crainte puisque le président américain pourra accuser des auteurs obscurs d’une médiocre vidéo islamophobe d’être responsables d’émeutes antiaméricaines dans le monde arabo-musulman.


Comme il est du devoir de tout gouvernement responsables, les autorités israéliennes ont finir par réagir proportionnellement aux bordées de roquettes, obus de mortiers et même de missiles envoyées par le Hamas et le Jihad Islamique depuis la bande de Gaza pourtant complètement évacuée par Israël. Et parler de bordée n’est pas exagérer puisque l’Etat hébreu recevaient une moyenne de 100 projectiles par mois!

English: Hamas day care center
English: Hamas day care center (Photo credit: Wikipedia)
Et quand Israël décide de riposter, les beaux esprits se réveillent pour parler de réaction disproportionnée de Tsahal et nous exposent impudemment les images des victimes civiles gazaouites, surtout femmes et enfants pour être sûr de l’effet psychologique. Bien sûr, il ne leur vient pas à l’esprit de reprocher au Hamas et co de placer leurs rampes de lancement au sein des infrastructures civiles et des zones densément peuplées.

Pour ce qui est du Cameroun, je n’ai rien à dire puisqu’il ne s’y est rien rien passé. Ah si, j’oubliais: les Lions Indomptables ont été éliminés malgré le retour de Super Samuel Eto’o !!! En janvier, nous nous n’aurons plus droit aux débordements de chauvinisme et on se passera bien de cet opium du peuple camerounais. On ne nous servira plus des platitudes du genre: «Les Lions Indomptables sont un exemple d’unité nationale».


Pour conclure, je remercie EAS Sonel, notre compagnie nationale d’électricité, qui a interrompu quatre fois, par ses coupures intempestives d’électricité, la rédaction de ce billet à la truelle.   
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