mercredi 5 novembre 2014

Frondes étudiantes et coups d'épée dans l'eau (troisième et dernière partie)

Qu’il me soit permis d’achever cette courte série d’articles par la narration de mon unique expérience de frondeur étudiant. Au delà d’un éventuel nombrilisme de l'exercice, ce récit donne un malheureux exemple de plus de l’inconsistance et de la morale sujette à question d'un bon bon nombre de leaders étudiants camerounais. Les événements narrés se déroulèrent à l'université de Douala en 2007, alors que j'étais sur le point d'achever mes études à l'institut universitaire de technologie.


dimanche 2 novembre 2014

Frondes étudiantes et coups d'épée dans l'eau (deuxième partie)

Dans le premier article de cette série, je fustigeais la lâcheté des étudiants qui abandonnaient à leur triste sort deux de leurs camarades purement et simplement exclus des universités pour avoir dénoncé des frais universitaires non réglementaires et avoir incité les étudiants à en faire de même. Pourtant, ce billet y met un sérieux bémol car, si les étudiants rechignent à adhérer aux mouvements de contestations menés par leurs camarades "apprentis-agitateurs", c'est en partie aussi parce que trop souvent, ils ont été trahi soit par la duplicité soit par la naïveté de maints leaders étudiants. Pour illustrer ces propos, je m’appuierai essentiellement sur mon expérience vécue à l'époque où j'effectuais mes études supérieures entre 2004 et 2006 à l'IUT de Douala.

Mouafo Djontu, le premier président de l'ADDEC

dimanche 26 octobre 2014

Frondes étudiantes et coups d'épée dans l'eau (première partie)

Les dernières semaines ont été assez riches d'actualité au Cameroun. Il y eut d'abord la libération par le mouvement islamo-terroriste Boko Haram des otages camerounais et chinois. Puis, ce fut la mort et surtout l'inhumation de ''Mama Rosette'', la belle-mère Biya'a bi Mvondo Paul Marie Barthélémy, à Mvomeka, le village de notre Grand et Beau Président, qui fit jaser à satiété l'homme de la rue. Et pour cause, c'est peut-être la première fois chez nous qu'une femme est enterrée dans le village du mari de sa fille et non dans celui de son dernier mari ou dans celui de ses parents. Entre ces deux actualités sus-évoquées et même avant elles, il y eut l'exclusion de deux étudiants des universités d’État pour incitation à la révolte. Mais ce dernier événement fut plutôt traité comme un non-événement par les citoyens lambdas de la rue.




jeudi 2 octobre 2014

Pour en finir définitivement avec l’étolâtrie

Disons-le tout de suite : tout projet d’en finir avec l’étolâtrie est une chimère. J’entends par étolâtrie cette attitude de mes concitoyens camerounais qui consiste non seulement à porter une admiration sans bornes et sans retenue au footballeur Samuel Eto’o, mais aussi à relativiser ses écarts de conduite et déplacer les repères moraux au gré du comportement d’Eto’o.


vendredi 26 septembre 2014

La paille raciste et la poutre tribaliste

Il y a quelques semaines, à l’occasion de la controverse sur le meurtre d’un Afro-américain par un policier blanc dans la ville de Fergusson aux Etats-Unis, l’auteur de ce billet a eu une véhémente confrontation verbale sur Facebook avec des personnes qui jugeaient péremptoirement que le racisme motivait forcément ce meurtre. Parmi ces « fins » limiers du racisme se trouvaient des Africains qui n’ont certainement jamais levé le petit doigt pour combattre le tribalisme dans leur propre pays.

mardi 9 septembre 2014

La vraie valeur de l’argent

Pour une fois, parlons un peu d’économie, plus précisément de monnaie. Pas une analyse d’expert mais plutôt par des observations que nous espérons frappées de bon sens. En quelque sorte, la monnaie expliquée à des non-experts par un non-expert. L’exposé que nous présentons a le modeste objectif d'aider à appréhender les mécanismes de fixation de prix et comment une contrôle inopportun des prix, des initiatives de distorsion des marchés et une politique monétaire laxiste affecte négativement la valeur d'une monnaie.

mardi 26 août 2014

L'édifiant (non)sens des priorités de notre gouvernement

La semaine passée, du 20 au 22 août 2014, s'est tenu un événement institutionnel qui en soit ne mériterait même pas qu'on se fatigue les phalanges pour taper au clavier une brève. Il s'agissait du Salon de l'Action gouvernementale, parce qu'il fallait bien que notre gouvernement -et ses collectivités territoriales- nous montre qu'il agit effectivement, si nous ne l'avions pas remarqué, et pour notre bien, bien sûr !
L'Immeuble de la Mort avant sa réfection

lundi 25 août 2014

Boko Haram et ceux qui jadis acclamèrent Ben Laden

C'est inconstable: le vendredi 25 juillet 2014, Boko Haram a frappé un très grand coup au Cameroun par un raid visant Kolofata, une petite contrée de la région de l'Extrême-Nord. Bilan des courses: plus de 17 tués et au moins 20 personnes enlevées dont un lamido et deux membres de la famille -dont l'une des épouses- d'Hamadou Ali, un des plus puissants ministres et personnalités du régime de Biya'a bi Mvondo. Cet évènement a eu le mérite de faire prendre aux Camerounais lambda la vraie mesure la vraie mesure du problème Boko Haram. On est bien loin des réactions d'allégresse à peine dissimulées après les attentats du 11 septembre 2001.

samedi 16 août 2014

Cybercafés broient du noir

Pour une fois, ne parlons pas de politique. N'évoquons même pas un de ces sujets de société qui risquent de dériver trop rapidement vers une critique acerbe du gouvernement de Biya'a bi Mvondo. Livrons plutôt notre opinion et notre analyse sur un domaine économique et professionnel connu d'expérience : le business des cybercafés.

samedi 19 juillet 2014

Pour Israël

Voilà déjà onze jours que l’Etat d’Israël a engagé une action militaire, baptisée Bordure protectrice, pour annihiler la puissance de nuisance armée du Hamas dans la bande de Gaza. Cette nième opération sur la bande de Gaza arrive un peu plus d’un mois après l’enlèvement de trois jeunes juifs israéliens, retrouvés assassinés deux semaines plus tard, qui a déclenché la spirale conflictuelle de cette nouvelle crise israélo-palestinienne. 

mercredi 16 juillet 2014

Hausse des prix: pourquoi la pilule est si bien passée

Ainsi donc, le gouvernement de la république paisible du Cameroun a décidé d'augmenter le prix des hydrocarbures, “les prix du carburant et du gaz” comme nous préférons dire plus prosaïquement. Pour 12,5 kg de gaz domestique, il faut désormais débourser 500 frs CFA de plus (6500 frs CFA). Quant à l’essence super et au diesel, ils ont connu des augmentations respectives de 14,24% et de 15,38% pour s’établir à 650 et 600 frs CFA. Il n’a que le pétrole lampant qui a échappé au renchérissement gouvernemental de son prix.

lundi 30 juin 2014

Un mot sur la cinglante débâcle en modovision des Lions ex-Indomptables

Les Lions Indomptables, l'équipe nationale de football du Cameroun, ont donc été sévèrement défaits au tournoi mondial qui se déroule actuellement au Brésil. Trois défaites, neuf buts encaissé contre un seul but marqué !!! Pour une débâcle, nous avons assisté à une mémorable débâcle !!! Mais autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas dans ce billet que vous lirez des jérémiades à propos de l'humiliation brésilienne. C'est tout le contraire même...


Avant le début de la désillusion contre le Mexique, le chauvinisme battait son plein. Afin de ne pas être expulsé d'un salon où des membres de ma famille, des amis et connaissances regardaient le match à la télé, je n'eus pas d'autres choix que de faire profil très bas. Si j'avais affiché mon anti-patriotisme incurable, je me serais certainement fait chassé illico presto de la salle. Je dus donc me contenir pour ne pas exposer ma joie après le but puis la victoire du onze mexicain. Ce ne fut pas un effort trop difficile puisque je ne suis loin d'être un fanatique.

Des Camerounais grimés en vert-rouge-jaune, arborant les maillots de l'équipe nationale, agitant frénétiquement le drapeau national, des chapeaux et gadgets tricolores et jouant à pleine bouchée du vuvuzela, telles ont été quelques-unes des scènes dont on était quotidiennement témoin dans les rues et quartiers de Douala, Yaoundé et ailleurs. On parlait à tue-tête dans les rues et dans nos médias, aussi bien publics que privés, de taire les divergences et de faire l'union sacrée derrière nos chers Lions Indomptables.

Mais après la déculottée du second match contre la Croatie, la fumeuse union sacrée a volée bien vite en éclat et mes concitoyens camerounais ont commencé déverser leur bile, vitupérant pêle-mêle contre l'entraîneur Volke Finke, les joueurs et le staff dirigeant. Ainsi donc, tous les détritus qui avaient été balayé sous le tapis pour privilégier l'intérêt supérieur de la Nation sont ressortis avec leur cortège de malentendus, d'exagérations et de contrevérités. 

Ainsi, on apprend que le président (de facto) de la Fécafoot, Joseph Owona, et le ministre des sports, Adoum Garoua, en seraient littéralement venus aux mains pour une abracadabrante question d'argent, que les joueurs, après le dernier match de préparation à Yaoundé contre la Moldavie, seraient allés se donner à coeur joie dans les boîtes de nuit, ou que la délégation administrative comptait cinq fois plus de membres que la délégation technique. Et je passe sur bien pire encore.

Dans les bars et les rues, j'entends encore ces fanatiques qui hier encore trouvaient normal qu'un capitaine d'une équipe sportive -en l’occurrence, Sa Majesté Papa Eto'o Fils Samuel- se rende au stade non pas dans le même bus que ses coéquipiers, mais plutôt dans son véhicule personnel, aujourd'hui pérorer sur l'état maladif du football camerounais. J'entends aussi dire que la gestion des affaires du football est à l'image de celle du pays tout entier.

Ces constats dépités ne sont pas frappés de non-sens. Loin de là même... Mais, dans quel placard mes chers concitoyens avaient mis leur perspicacité quand des joueurs à l'égo sur-dimensionnés achetaient l'allégeance des dirigeants, de leurs propres coéquipiers et des journalistes et méprisaient l'autorité de leurs encadreurs techniques? Prompts à vitupérer contre les l'encadrement administratifs, les Camerounais ont pris la regrettable habitude de tout pardonner aux footballeurs, à condition que ces derniers soient performants sur le terrain.

Le résultat des courses est un formidable apport à la profonde corruption morale du milieu du football camerounais. Et je constate qu'on n'est pas prêt de sortir de ces sentiers de la perdition quand je voie un bonne franche de mes concitoyens camerounais applaudir la bravade de Sa Majesté Eto'o Fils Samuel qui promet un grand déballage dans peu de temps. Comme on refuse d'accepter l'évidence cruelle de la responsabilité criarde d'Eto'o dans le pourrissement décrit plus haut.

Décidément, cet opium qu’est le football n'aura pas fini de nous endormir.