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Articles

L’agonie d’une presse si indigente et inutile

Cela doit remonter à plus de dix ans que je n’ai plus acheté un journal camerounais. Passionné d’actualités à l’époque, élève en classe de terminal, je m’étais donné comme défi d’acheter un journal chaque semaine. Parmi les publications principales, mon favori était Le Messager pour sa liberté de ton et son impertinence à l’égard des tenants du pouvoir politique. Mais, afin de garder une certaine ouverture d’esprit, je me procurais tous les titres édités régulièrement, même Cameroon Tribune , le quotidien détenu par l’État, dont l’allégeance au gouvernement crevait les yeux.   Par contre, mon père, qui lisait aussi beaucoup la presse, ne cessait de la critiquer de façon acerbe.  Il l’accusait : de s’être largement décrédibiliser entre 1990 et 1993 en diffusant de fausses nouvelles ; de se taire sur des méfaits que commettaient certaines personnalités politiques ou du monde des affaires à cause de leur accointance tribale avec la plupart des directeurs de pub...

Bye bye Sarkozy !

Le dimanche 6 mai 2012, la France a élu un nouveau président en la personne de François Hollande. Même si Sarkozy a fait bonne figure au deuxième tour de l’élection contrairement à ce que prédisaient les sondages selon lesquels sa défaite devait être bien plus nette, il quitte la présidence sous un constat d’échec de l’ensemble de sa politique. Mais au-delà de son programme, c’est d’abord sa personne que les Français ont rejeté. Et on peut très bien les comprendre. Comment les Français pouvaient-ils supporter pendant cinq ans de plus un personnage qui se mêlait de tout ou presque, donnait son avis sur tout, exprimait  un grossière hypertrophie de soi, recourait régulièrement à un langage vulgaire parfois en public ou manifestait un penchant autoritaire envers ses collaborateurs ? Je ne parle même pas de ses discours trahissant une inquiétante inculture (le fameux discours de Dakar), une propension aux déclarations clivantes comme à Grenoble en 2011 après des émeutes provo...

Salut les mariés! et petite réflexion sur le mariage

Il y a quelques jours, j’ai eu la grande joie d’assister au mariage d’une de mes petites sœurs. Pour beaucoup de membres de la famille et moi, ce fut un grand soulagement même si nous ne le disions pas explicitement. Sous le soleil camerounais, il faut s’estimer heureux de voir sa fille ou sa sœur se lier officiellement à un brave homme qui, par lassitude d’une vie dissolue, par recherche de respectabilité ou par amour tout simplement, rejette le concubinage. Dans notre pays, si le mariage comme institution inspire encore beaucoup de respect, le concubinage n’inspire plus du tout la honte. Il n’y a qu’à analyser le parler populaire pour se rendre de son adoption comme norme sociale par défaut. Ainsi, on dit d’un couple de concubins qui partagent le même toit qu’ils vivent « maritalement ». Quitte à créer la confusion dans les esprits, on dit du concubin d’une femme : « C’est son mari » ou de la concubine d’un homme : « C’est sa femme ...

De l'usage peu utile d'internet

Si  vous cherchez sur le net des informations ou des images sur un évènement, une localité, sur un thème qui touche plus l’Afrique noire que d’autres continents, vous aurez bien du mal à trouver satisfaction. La raison est bien simple : internet est encore bien trop peu employé par les Africains pour diffuser des informations ou partager des idées et des opinions. Pour justifier cette situation, on évoque avec empressement le faible taux de pénétration d’internet et des TICs. Cette justification n’est cependant valable qu’en partie. Je me souviens d’une émission de RFI au cours de laquelle un responsable du groupe d’édition et de communication Hachette déplorait le fait qu’on trouvait sur le web plus de photos sur une petite bourgade française –dont j’ai oublié le nom- que sur Kinshasa, la capitale du Congo démocratique qui compte pourtant plus de 6 millions d’habitants. Et pourtant, les cybercafés se multiplient dans nos grandes métropoles, les opérateurs de télécoms...

Comment notre mère contribua à me convertir au libéralisme

Quand nous étions petit, notre mère fabriquait du yaourt qu'on empaquetait dans du plastique, faisait congeler et vendait aux élèves. Son activité fournissait une bonne part du revenu de notre foyer. Comme tout commerce, l'affaire connaissait des hauts et des bas. Notre mère, plutôt brillante, pour fabriquer son yaourt que nous appelions improprement "sucettes", faisait très souvent face à une très forte concurrence. Quand ses recettes baissaient au point où subvenir au besoin alimentaire de la famille devenait plus difficile, les soucis la tenaillaient plus. J'avais trouvé une solution simple pour assurer à notre brave mère un revenu stable et sûr dans son entreprise: abolir la concurrence de la vente des produits alimentaires aux élèves dans l'établissement scolaire où elle exerçait, et bien sûr concéder à ma chère mère le monopole de cette activité! Fier de ma trouvaille, je faisais part de ma défiance vis-à-vie du marché concurrentiel et ...

La rigueur budgétaire, nos mères savent ce que cela signifie

La crise des dettes souveraines européennes a eu l'immense mérite de montrer à la face du monde à quel point les dirigeants européens géraient leurs états en usant d'incurie et de gabegie. Ainsi, des pays à l'instar de la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Italie prirent depuis des décennies l'habitude toxique de vivre au dessus de leurs moyens. Comme nos républiques bananières d'Afrique avant les tant décriés plans d'ajustement structurel des institutions de Bretton Woods. Pendant nos états d'Afrique se permettaient d'être chroniquement déficitaires grâce à la manne des puissances occidentales ou orientales géopolitique oblige, les États d'Europe s'appuyaient sur les placements d'investisseurs convaincus de la nature inaltérable des créances souveraines et aussi incités ou contraints par la fiscalité d'acheter par exemple des obligations d'état. Si nos pays d'Afrique se sont vite retrouvé à la diète aprè...

Manhattan – Tombouctou : 11 ans après le 11 septembre 2001

Mardi 11 septembre  2001 . Dans un après-midi qui ressemble à bien d’autres, de retour de promenade, j’apprends par une de mes petites sœurs que des évènements inouïs se déroulent à ce moment à New-York, Etats-Unis. Des avions, comme pris de folie, s’abattent sur des immeubles. Quand ma petite sœur évoque l’éventualité d’attentats terroristes, je la réfute instantanément. Comment est-ce possible, des avions de transport de passagers transformés en bombes géantes volantes ? Comment les services de sécurité américains n’ont-elles rien vue venir ? Au début, la plupart des citoyens du monde sont abasourdis comme moi. Les premières réactions relèvent surtout de l’empathie et de la solidarité. Les manifestations de joie qui ont lieu dans de nombreux pays arabes et dans des quartiers, peuplés en grande partie d’immigrés arabes, de certaines villes d’Europe ne s’apparentent encore que de simples murmures qui meublent un cauchemar. En ces moments tragiques-là, c...