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Articles

Misère bienaimée: de la mentalité de sous-développé

Le week-end passé, j’eus l’occasion de rendre visite à des gens qui me sont très proches. La maison dans laquelle ces personnes habitent présente un état de délabrement si avancée au point où j’ai eu honte de lever les yeux pour voir tout un pan des murs en planche rongés par le temps, l’humidité et les nuisibles. A maints endroits, la toiture en tôles ondulées laisse traverser par des trous béants les cordes pluvieuses de Douala. Les trop nombreuses brèches dans les murs exposent l’intimité des occupants  de la masure. L’usage a achevé de détruire les marches en ciment pour accéder aux seuils avant et arrière. La concession où se trouve cette habitation ne dispose pas de latrines dignes de ce nom. Il faut avoir le cœur solide et l’organisme vacciné contre la nausée pour aller faire des selles dans des endroits que je n’ai pas la force de décrire. Mieux vaut être constipé. Je vous passe de détails encore plus sordides. Cette maison, construite il y a plus de 40...

De retour sur la blogosphère !

Voilà bien plus de deux mois et demi que je n'ai plus publié un article de blog. Même pas un micro-billet de 50 mots. Cela n'a pas empêché le monde de tourner et je n’ai pas vraiment manqué à ma poignée de lecteurs. La faute au fait que ne possédant plus d”ordinateur  personnel, il m'était plus difficile de prendre le temps qu’il faut, quand il faut et où il faut pour écrire. D’autant plus que mon boulot harassant me pompait les miettes d’énergie qui me restaient. English: Khaled Meshaal in a meeting with spanish journalists (Photo credit: Wikipedia ) La situation s’est légèrement améliorée puisque je possède désormais un vieux desktop avec écran cathodique (sic) et un disque dure qui bruite comme une horloge pour m’avertir que sa mort clinique n’est plus pour très longtemps. Ayant donc peu de temps à consacrer à l’écriture, je n’ai pas vraiment d’autres choix que d’écrire à la truelle. Ce billet  n’est qu’un avant-goût et je vous avertis que ça va s’empirer... Duran...

COMMENT LES UNIVERSITES FABRIQUENT DES CITOYENS INUTILES

Une bonne partie de ceux qui liront cet article se diront certainement : « Quel prétentieux celui-là ! Mais pour qui se prend-t-il pour faire la leçon aux autres? Qu’est-ce qu’il a réalisé de remarquable pour se permettre de critiquer les autres ?» Je leur donne raison. Mais comme je tiens à utiliser l’Internet comme espace de libre expression ; qu’ils veuillent bien supporter ma condescendance. A l’époque où j’étais étudiant à l’université d’Etat de Douala, je discutais avec deux autres étudiants de notre mini cité. L’un d’eux, inscrit en Faculté des Sciences, nous fit part du projet d’édition d’un journal universitaire dont il était porteur. Il nous demanda humblement de lui proposer des thèmes que pouvait traiter la publication. Comme il peinait à trouver les idées, nous lui demandâmes quelles rubriques devait contenir le journal. Grande fut ma surprise quand il nous répondit en parlant des rubriques consacrées aux faits divers, à l’humour,...

C’EST LA FAUTE À LA FRANCE !

En 2012, quand deux tiers du territoire malien est tombé entre les mains d’une coalition armée d’indépendantistes Touareg et des islamistes plus ou moins liés à Al Qaida, je fus surpris de voir sur le fil d’actualité de mon mur Facebook une publication d’un certain « ami » accusant l’ancien Président français nicolas sarkozy d’avoir tout orchestré pour déstabiliser le Mali. Cette accusation était si grotesque que je ne pris même pas la peine de suivre le lien de l’article sensé l’étayer. Peut-être j’eus tort et que cet article m’aurait révélé que la France voulait faire main basse sur les formidables richesses naturelles du Mali. Comme les sables du Sahel, des gisements de sables bitumeux ou de gaz de schiste qui ne seront découverts que dans 20 ans. Ce n’était pas la première fois pour moi d’entendre qu’on mette tous nos malheurs (ou presque) au passif de la France. Déjà en 1987, je me souviens que la mort de thomas sankara était mise au crédit du pays que présida...

Inflation: l'apocalypse n'a pas (encore) eu lieu

Dans la première semaine du mois d'août, j'ai eu l'agréable surprise de me procurer une bouteille de gaz domestique de 15 kg à 6000 frs CFA. Le gouvernement s'était donc abstenu d'augmenter les prix des hydrocarbures. Avant la date fatidique du 1er août, certaines rumeurs folles circulaient. J'avais entendu dire par exemple dire que 15 kg de gaz domestique se vendraient désormais à 10500 frs ! Ce qui, comme moi, ont cessé depuis fort longtemps d'écouter ou de regarder la radio ou la télévision publique, gobèrent avec scepticisme ou non ce genre de rumeurs. Il faut avouer qu'une grande proportion d'anti-Biyas, dont je fais partie, mus par je ne sais quel mauvais esprit, espéraient que le gouvernement procéderait à cette augmentation des prix des hydrocarbures juste pour que la colère sociale dégénère en un nouveau Février 2008. En effet, il n’est pas besoin d’avoir étudié l’économie à l’université pour prévoir une inflation généralis...

Espèce de Bamiléké !

Il y a quelques semaines, Monseigneur Tonye Bakot, évèque de Yaoundé, a fait la une des médias camerounais après qu'une de ses correspondances est filtré dans la presse. Dans sa missive, l'évêque s'étonnait de la sur-représentation des Bamilékés dans les effectifs des étudiants et des enseignants de l'UCAC (Université Catholique d'Afrique Centrale) et demandait que des mesures soient prises pour remédier à cette situation. Si le tollé que cette affaire a provoqué a mis à découvert le tropisme tribaliste de ce clerc catholique, j'en étais peu étonné puisque ce prélat appartient à cette génération d'âge de Camerounais qui ne peuvent s'empêcher d'analyser un état de fait en usant du filtre ethnique.    Dans mon enfance, traiter quelqu'un de Bamiléké relevait de l'insulte. Dans ma famille élargie, les préjugés anti-bamiléké avaient la peau dure. On reprochait aux membres de ce groupe ethnique d'être des envahisseurs, des gens cupides et ...

Comment l'école du Cameroun fabrique des illettrés

En classe de sil (section d'initiation à la lecture), j'avais une institutrice, Mme Etémé, qui n'y allait pas avec le dos de la cueillière pour nous faire assimiler les leçons de lecture. Le caoutchouc  -en fait, une courroie blindée ou non de moulin électrique à écraser- cinglait sur la paume de main ou sur le dos de l'élève qui ne parvenait pas à reprendre les fameux:  "p-a-pa, pi-pi, papa fume la pipe."  Quand l'élève fouetté, ne supportant plus l'atroce douleur,  refusait d'obtempérer à l'ordre de présenter la partie du corps par lequel le châtiment corporel lui était administré, notre institutrice entrait dans une rage folle et frappait à l'aveuglette sur toutes les parties du corps. Elle avait peut-être l' excuse (sic) d'être éthylique.  Avant la fin la fin de cette année scolaire-là, je pus percer les secrets et les joies de la lecture non pas grâce au fouet, mais plutôt à la méthode d'enseignement utilisée: la mét...