lundi 30 juin 2014

Un mot sur la cinglante débâcle en modovision des Lions ex-Indomptables

Les Lions Indomptables, l'équipe nationale de football du Cameroun, ont donc été sévèrement défaits au tournoi mondial qui se déroule actuellement au Brésil. Trois défaites, neuf buts encaissé contre un seul but marqué !!! Pour une débâcle, nous avons assisté à une mémorable débâcle !!! Mais autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas dans ce billet que vous lirez des jérémiades à propos de l'humiliation brésilienne. C'est tout le contraire même...


Avant le début de la désillusion contre le Mexique, le chauvinisme battait son plein. Afin de ne pas être expulsé d'un salon où des membres de ma famille, des amis et connaissances regardaient le match à la télé, je n'eus pas d'autres choix que de faire profil très bas. Si j'avais affiché mon anti-patriotisme incurable, je me serais certainement fait chassé illico presto de la salle. Je dus donc me contenir pour ne pas exposer ma joie après le but puis la victoire du onze mexicain. Ce ne fut pas un effort trop difficile puisque je ne suis loin d'être un fanatique.

Des Camerounais grimés en vert-rouge-jaune, arborant les maillots de l'équipe nationale, agitant frénétiquement le drapeau national, des chapeaux et gadgets tricolores et jouant à pleine bouchée du vuvuzela, telles ont été quelques-unes des scènes dont on était quotidiennement témoin dans les rues et quartiers de Douala, Yaoundé et ailleurs. On parlait à tue-tête dans les rues et dans nos médias, aussi bien publics que privés, de taire les divergences et de faire l'union sacrée derrière nos chers Lions Indomptables.

Mais après la déculottée du second match contre la Croatie, la fumeuse union sacrée a volée bien vite en éclat et mes concitoyens camerounais ont commencé déverser leur bile, vitupérant pêle-mêle contre l'entraîneur Volke Finke, les joueurs et le staff dirigeant. Ainsi donc, tous les détritus qui avaient été balayé sous le tapis pour privilégier l'intérêt supérieur de la Nation sont ressortis avec leur cortège de malentendus, d'exagérations et de contrevérités. 

Ainsi, on apprend que le président (de facto) de la Fécafoot, Joseph Owona, et le ministre des sports, Adoum Garoua, en seraient littéralement venus aux mains pour une abracadabrante question d'argent, que les joueurs, après le dernier match de préparation à Yaoundé contre la Moldavie, seraient allés se donner à coeur joie dans les boîtes de nuit, ou que la délégation administrative comptait cinq fois plus de membres que la délégation technique. Et je passe sur bien pire encore.

Dans les bars et les rues, j'entends encore ces fanatiques qui hier encore trouvaient normal qu'un capitaine d'une équipe sportive -en l’occurrence, Sa Majesté Papa Eto'o Fils Samuel- se rende au stade non pas dans le même bus que ses coéquipiers, mais plutôt dans son véhicule personnel, aujourd'hui pérorer sur l'état maladif du football camerounais. J'entends aussi dire que la gestion des affaires du football est à l'image de celle du pays tout entier.

Ces constats dépités ne sont pas frappés de non-sens. Loin de là même... Mais, dans quel placard mes chers concitoyens avaient mis leur perspicacité quand des joueurs à l'égo sur-dimensionnés achetaient l'allégeance des dirigeants, de leurs propres coéquipiers et des journalistes et méprisaient l'autorité de leurs encadreurs techniques? Prompts à vitupérer contre les l'encadrement administratifs, les Camerounais ont pris la regrettable habitude de tout pardonner aux footballeurs, à condition que ces derniers soient performants sur le terrain.

Le résultat des courses est un formidable apport à la profonde corruption morale du milieu du football camerounais. Et je constate qu'on n'est pas prêt de sortir de ces sentiers de la perdition quand je voie un bonne franche de mes concitoyens camerounais applaudir la bravade de Sa Majesté Eto'o Fils Samuel qui promet un grand déballage dans peu de temps. Comme on refuse d'accepter l'évidence cruelle de la responsabilité criarde d'Eto'o dans le pourrissement décrit plus haut.

Décidément, cet opium qu’est le football n'aura pas fini de nous endormir.