vendredi 20 décembre 2013

Réflexion sur la curieuse expérience totalitaire de Thomas Sankara

Il y a quelques semaines, les utilisateurs actifs de Facebook dont une bonne partie des amis sont des Africains ont certainement remarqué qu'une bonne partie de ceux-ci avaient remplacé leur image de profil par celui de Thomas Sankara, le pittoresque président du Burkina Faso tué en 1987. C'était avant que les portraits de Mandela arrachent la vedette plus tard. Mes concitoyens d’Afrique, dans leur quête inassouvie de l'Homme providentiel ou du héros à la figure de prophète et de messie, ne se sont jamais embarrassés de savoir si le héros tant désiré était un autocrate totalitaire... comme c'était le cas pour Sankara.

Petite club d'autocrates totalitaires. Devinez qui fut le moins cruel.

samedi 7 décembre 2013

Petite contribution à la mandelâtrie ambiante

Quand le jeudi 5 décembre 2013 dans la soirée vers 22 h, j'ai pris connaissance par la télé de la mort de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, je me suis dit: "Ça y est ! Voilà le concert de dithyrambes qui commencent et nous en auront comme ça pour plusieurs jours !" 




mercredi 4 décembre 2013

Leçons d'une expérience professionnelle

Il y a quelques jours, j'ai pris un congé professionnel qui durera plusieurs semaines. Ceci explique pourquoi je ne suis plus très présent sur la Toile. J'espère mettre à profit cette période pour redonner vie à mon blog qui était entré en déshérence depuis fort longtemps, faute d'articles publiés.


vendredi 27 septembre 2013

A l'école de la corruption

Il y a pratiquement un mois que les élèves de la maternelle, du primaire et du secondaire ont repris le chemin de l'école. Sur les antennes des médias audiovisuels camerounais, on a certainement eu droit aux reportages sur les parents qui peinent financièrement à pourvoir aux dépenses liés à la scolarité de leurs rejetons, sur la rentrée timide dans les écoles publiques ou le dénuement matériel de bons nombres d'établissements scolaires.

vendredi 6 septembre 2013

La culture de l'irresponsabilité perpétuelle

Parmi les jeunes chômeurs du Cameroun, notamment dans la population urbaine, quelle est la proportion des Bamilékés ? Etant donné qu’il n’existe pas de statistiques officielles ou tout simplement fiables à ce propos, je ne peux que conjecturer à ce propos. Idem si je m’interroge par exemple sur la proportion de jeunes Bamilékés qui ont pu fonder un foyer et construire une maison avant l’âge de 35 ans et si je la compare à celle de la plupart des autres ethnies.
Le pari sportif, une des occupations favorites des jeunes oisifs

mardi 13 août 2013

Comme quoi, une hirondelle ne fait pas un printemps arabe


C'est à l'occasion de la guerre en Libye que j'ai commencé à bloguer assez régulièrement d'abord sur Facebook puis sur ce blog. Khaddafou était en passe d'écraser l’insurrection et je pourfendais ceux qui, en Afrique, le soutenaient. Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Le Guide (de mes chaussettes) de la Jamahiriya a été renversé et sauvagement lynché à mort. mais le monde arabe est loin d'être devenu bien meilleur. Loin de là. 
Ceux qui me portaient la contradiction auraient bien raison de me chambrer cette fois, car je dois l'avouer: je me suis trompé. Je me suis non seulement sur le cas libyen mais aussi sur les fameux printemps arabes.






mercredi 7 août 2013

L'éveil d'une conscience politique II: Les temps d'ignorance




Dans le précédent billet de blog, j’ai commencé à décrire le contexte et les évènements politiques qui contribuèrent mon éveil politique. Dans les lignes qui suivent, j’explique précisément ce qui me fit radicalement changé de bord.

Ceux de mes lecteurs qui sont nés après 1990 ne sauront peut-être jamais ce que fut le bâillon que les citoyens lambda se mettaient pour ne pas exprimer la moindre opinion dérangeant ou le moindre de fait pouvant passer pour une critique implicite ou explicite du président Biya’a bi Mvondo.

Un jour, dans ma naïveté d’enfant, je demandai à mes frères ainés et à haute voix si celui qui tuerait Biya’a Paul  prendrait automatiquement le pouvoir. C’était après l’assassinat de Thomas Sankara et la prise de pouvoir par Blaise Compaoré au Burkina Faso en 1987.  Pour toute réponse, il me fut vivement recommander de me taire sous peine d’être arrêter. “Arrêté? Mais pour avoir commis quelle faute?” me demandai-je à mon for intérieur.

A l’école, on nous apprenait que Biya’a bi Mvondo Paul Barthélémy était Notre Père de la Nation, et son épouse Biya Jeanne Irène, Notre Mère de la Nation. Afin que nos jeunes têtes puissent le retenir plus facilement, on nous faisait chanter des odes à la gloire du couple présidentiel.

Bien sûr, il n’était point question de l’ex-Père de la Nation, Ahidjo Amadou, dont le nom était à peine évoqué dans les manuels scolaires d’histoire et d’instruction civique. Quand le premier président du Cameroun décéda à Dakar le 30 novembre 1989, la nouvelle ne fut rapportée à la radio que par un bref et laconique communiqué. Pardonnez la tautologie !

Cela dit, il y avait bien quelques têtes brûlés qui osaient perforer le bâillon de la censure. Je pense en particuliers à Lapiro de Mbanga, un musicien très populaire à cette époque-là, surtout chez ceux qui se considéraient comme des laissés-pour-compte. Ce Lapiro avait fait de la prison, avait exercé le métier de “sauveteurs” --camerounisme signifiant en fait des vendeurs à la sauvette, et chantait en camfranglais et en pidgin, 

  Une grande partie de la jeunesse qui subissait les marasmes de la crise économique et du chômage endémique prenait en quelque sorte Lapiro pour son porte-parole. Le chanteur avait créé une mode vestimentaire qui consistait à ne pas boutonner sa chemise --en tissu jean de préférence-- et à relier les deux pans en les nouant. Je me rappelle qu’à cette époque-là, les enfants qui osaient porter leurs chemises à la Lapiro s’exposaient à un sec rappel à l’ordre parental.

Mais ce qui faisait de Lapiro un héros de son temps était le fait qu’il osait critiquer le pouvoir politique “entre les lignes” des textes de ces chansons. Pendant ses concerts, il s’enhardissait bien plus encore. Je le sus sans vraiment m’en rendre compte au cours d’un séjour au village de nos pères.

Mon frère et moi rentrions des champs et fîmes un bon bout de chemin avec deux autres garçons. Ceux-ci parlaient des déclarations pas du tout politiquement correcte de Lapiro lors d’un de ses spectacles et des ennuis qu’il avait eu avec la police peu après. Dans une naïveté infantile que possédaient peu d’autres enfants, je leur posais des questions pour en savoir plus.

Mon frère, qui avait pratiquement le même âge que moi, se tut durant toute la conversation: il était déjà conscient  du fait que ce genre d’échanges pouvait apporter de sérieux embêtements avec les autorités politiques. Il relata la discussion à notre grande sœur qui me réprimanda sévèrement et m’avertit que si je continuais à me mêler à ce genre de conversation, j’allais me faire arrêter. “Arrêté ?! mais pour avoir commis quelle faute ?” me suis-je certainement dit à mon for intérieur.

Comme j’ai déjà eu à la dire dans de précédents billets, il ne fallait surtout pas compter sur l’inénarrable CRTV pour nous parler du côté contestataire politique de Lapiro, ni du bâtonnier Yondo Black et de ses revendications pro-démocratie ni de la déclaration cinglante que le cardinal Christian Tumi fit à l’endroit de régime de Biya’a bi Mvondo à l’occasion d’une interview qu’il accorda au newsmagazine panafricain francophone Jeune Afrique.

En fait, je ferais justice à la CRTV en avouant qu’elle parla bel et bien de Yondo Black et de ses acolytes. Mais à écouter et à voir les reportages, les analyses et les commentaires, on aurait pu croire avoir à faire à une association de malfaiteurs. Leur crime: avoir tenu une réunion en vue de lancer un mouvement politique. Yondo Black et compagnie furent condamnés à de sévères peines d’emprisonnement ferme, mais furent libérés moins d’un an et demi plus tard.

Comme je n’ai cesse de le rappeler, la propagande officielle tournait à plein régime et nous étions de fieffés ignorants, surtout les adolescents que nous étions.   

 

vendredi 2 août 2013

Décidément, la démocratie est un luxe pour beaucoup d'Africains

En février 1990, Jacques Chirac de France avait déclaré que la démocratie était un luxe pour l’Afrique. Je me souviens que mon père a toujours été politiquement un sceptique et regardait d’un critique -trop critique même- les revendications démocratiques avait acquiescé. Mais pratiquement tout ceux avec qui il débattait condamnait les propos de Chirac. A cet époque, je ne m’étais pas encore vraiment forgé une opinion politique.

Devenu plus tard libéral, j’ai condamné à rebours cette déclaration et je m’employais à démontrer les arguments des relativistes qui pensaient que la démocratie est simplement une importation occidentale et qu’elle ne convenait l’homo africanus. Bien que je continue à penser que la démocratie est une belle chose, du moins la plus horrible des systèmes à l’exception des autres, des évènements m’amènent parfois à me demander si Chirac n’avait pas raison.

Les dernières élections au Togo et au Zimbabwe ont été remporté haut la main par ceux qui tenaient déjà les rênes du pouvoir... du moins s’il faut croire sur parole les commissions électorales respectives.


Comme d’habitude, les partis politiques de l’opposition ont crié à la fraude. Comme d’habitude encore, les vainqueurs qui remettaient leurs mandats en jeu sont au pouvoir depuis l’époque de Mathusalem, ils promettent à chaque scrutin le changement et le progrès même s’ils ont nourri le peuple d’immobilisme au mieux et de régression dans maints domaines. Comme quoi, il y a rien de nouveau sous le soleil africain.

Au Togo comme au Zimbabwe, dixit les opposants et bien d’observateurs, les morts ont votés, il y a eu des listes électorales fantômes, des électeurs plus égaux que d’autres qui pouvaient voter plusieurs fois pendant une large partie de leurs concitoyens n’eurent même pas accès au bureau de vote.

Comme il fallait si attendre, les commissions électorales ont été si impartiales qu’elles n’ont trouvé rien à redire au Zimbabwe quand les bulletins de vote du parti au pouvoir ont été imprimé en trop grande quantité et que ceux de l’opposition ont été jeté à la poubelle. Au Togo, la commission a commencé à diffuser des résultats non attesté par des procès verbaux.

Comme il fallait s’y attendre, les observateurs de l’Union Africaine et d’autres institutions régionales ou sous-régionales africaines ont jugé ces élections justes et transparentes... comme quoi, tout -ou presque- s’était passé pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Pour mettre un bémol bien placé à leurs rapports, ils ont certainement relevé quelques cas de fraudes et surtout des irrégularités, mais qui ne pouvaient entacher la crédibilité générale des scrutins.

Mais à part les opposants qui ont bu la soupe pour une nouvelle fois et une poigne perpétuels grincheux de mon acabit, les Africains ont gobé ces farces et ont continué dans le train-train quotidien. Qui vous a dit que la démocratie fait bouillir la marmite ou aide à payer le loyer, hein?

Au fond, pourquoi se plaindre? Mugabe et le régime de Faure Gnassingbé sont de beaux spécimens. Le vieux Mugabe, champion de l’anticolonialisme, a fait mordre la poussière aux fermiers Blancs et tenu tête à l’Angleterre et aux Etats-Unis.

Pour ces actes de bravoure, Mugabe a déjà sa place bien au chaud réservé dans le Panthéon des héros africains. Et peu importe que son pays, jadis grenier de l’Afrique australe notamment grâce aux fermiers Blancs, ne soit plus autosuffisant alimentairement. Peu importe qu’avant l’entrée au gouvernement de MDC, principal parti de l’opposition, le Zimbabwe avait complètement sombré sur le plan économique et l’inflation était telle qu’il valait mieux utiliser ses dollars zimbabwéens comme papier hygiénique plutôt qu’en acheter.

Quant à Faure du Togo, je me limiterai juste à dire que c’est un enfumeur hors-compétition qui a réussi le tour de magie de faire oublier qu’il était l’héritier politique direct de Papa Gnassimbé, autocrate devant Dieu et les hommes et premier putschiste de l’histoire politique africaine postcoloniale. Gnassingbé fils me fait Bongo fils du Gabon: les deux bonshommes n’ont pas leurs pareils pour faire faire croire à la jeunesse de leurs pays respectifs qu’ils font ce qu’ils peuvent pour elles.

Cela dit, je crois qu’il y a bel et bien eu fraudes au Zimbabwe et au Togo, je ne suis plus naïf pour jurer la main sur le cœur que les résultats auraient été différents si les scrutins avaient été bien plus irréprochables. Quand j’étais adolescent, je croyais que tout le monde avait le bon sens de voter contre les autocrates, les prévaricateurs des biens publics, ceux qui projetaient d’empêcher les entrepreneurs d’entreprendre ou ceux qui avaient montré à suffisance leur incapacité à gérer.

Mais les victoires d’Obama aux Etats-Unis et de Hollande en France m’ont guéri de mon ingénuité d’antan. Si les Français ont élu comme président quelqu’un qui a plombé de dettes un petit morceau de la France -en l’occurrence le Corrèze, pourquoi les Togolais ne renouvelleraient pas leur confiance à un régime qui fait avancer sur place leur pays?

Si les Américains ont réélu triomphalement un président qui soutient des islamistes au point de ne pas vouloir se confronter aux plus radicaux d’entre eux quand ceux-ci attaquent un consulat et assassinent un ambassadeur, un président qui espionnent des journalistes et utilisent l’administration fiscale pour mettre les bâtons dans les roues de ses adversaires politiques et j’en passe de bien pire, pourquoi les Zimbabwéens ne rééliraient pas Mugabe?

Les Togolais et les Zimbabwéens frustrés de ne pas voir leur choix politique pris en compte voteront avec leurs pieds... du moins pour ceux d’entre eux qui en auront les moyens. Les Togolais iront en Europe, quitte à causer un déséquilibre démographique et économique dans leurs pays d’accueil, à provoquer du rejet de la part des autochtones et ils crieront systématiquement au racisme à chaque manifestations de ce rejet.

Les Zimbabwéens continuerons à inonder l’Afrique du Sud et surtout le petit Botswana qui, pour avoir commis la faute d’avoir eu des dirigeants honnêtes et sincèrement démocrates, devra continuer d’accueillir par solidarité africaine leurs courageux (sic) frères venus profiter de la prospérité économique de ce petit pays. Et peu importe pour à peine plus de 500 000 Botswanais, il y a déjà un million de réfugiés zimbabwéens.

mercredi 3 juillet 2013

Un coup de pied dans le grand footoir camerounais

Le foot et votre humble serviteur

Depuis ma prime enfance, je suis un fan de foot. Comme la plupart des petits Camerounais, j'ai rêvé de devenir footballeur professionnel, jouer dans de grands clubs africains et européens. Mais, c'était avant de me rendre compte que j'étais un fieffé mouilleur, en d'autres termes, que je jouais comme un pied et que je n'avais donc aucune chance de faire carrière. 

Malgré cela, pendant longtemps, j'ai continué à m'intéresser de très près au foot. J'aurais bien pu devenir journaliste sportif. Mais quand je me suis rendu compte à quel point le foot-spectacle nous (Camerounais) abrutissait, je m'y suis désintéressé pour porter mon attention vers des activités plus susceptibles de contribuer au développement de notre pays.

Il m'arrive encore de regarder à la télé des matchs de foot, surtout s'il s'agit de Tonnerre Kalara Club ou du PSG. Mais, quand les Lions Indomptables jouent, je suis alors heureux de pratiquer une activité qui m'évitera d'être tenté de regarder le match et je croise mes doigts pour qu'ils perdent. Autant je rechigne à fouiller les poubelles, autant je ne donne pas de peine pour suivre l'actualité du football camerounais.  

Mais la poubelle footballistique camerounaise a été tant retourné ces derniers jours que les effluves nauséabondes sont venus me submerger dans mon refuge que je suis bien obligé d'en dire quelques mots.

D'abord, deux mots sur la Fécafoot(aise)

Pour mes lecteurs non camerounais, je précise d'abord que le Fécafoot (fédération camerounaise de football), c'est l'association de malfaiteurs de type mafia sicilienne ou yakusa japonais qui fédèrent les associations de foot au Cameroun, qui y organise les championnats et qui en théorie gère nos fameux Lions Indomptables. Si vous avez eu la curiosité de cliquer sur le lien hypertexte pour mieux connaître notre inénarrable Fécafoot, votre navigateur vous a affiché la page d'erreur "403 Forbidden". Eh oui, les valeureux dirigeants de cette fédération sont plus occupés à se sucrer en usant de mille et une combines qu'à offrir un site web vitrine qui fonctionne !

J'ai écrit Fécafootaise; j'aurai bien pu aussi parler de Fécafootoir parce que c'est du grand n'importe quoi , de Fécafood parce que l'affaire-là est une véritable mangeoire pour une belle horde de rapaces ou de Fécafoux parce que ce qui s'y passe dépasse l'entendement de beaucoup.

D'abord, les présentations. Le pépère que vous voyez sur la photo de gauche se nomme Don Corleone Iya Mohamed. Elu à la présidence de la Fécafoot en avril 2000, le bonhomme a su mettre en place un plus qu'efficace système de clientélisme et de corruption qui lui a permis de faire main basse sur la fédération, contre vents et marées, ministère du sport et citoyens lambda (sic), Bell Joseph Antoine et Milla Roger, et j'en passe des meilleurs.

Ne vous fiez pas à son air débonnaire et réservé, au ton posé de sa voix. Politiquement parlent, ce monsieur est un tueur qui a grillé au moins six ministres de tutelle et a renvoyé à leurs études les anciennes gloires du foot aui osèrent se dresser contre lui.

Mais après 13 années de règne des plus controversés, le gouvernement excédé a fini par lui trouver des poux sur la paume des mains et Iya Mohamed est aujourd'hui incarcéré pour des soupçons de détournement dans une entreprise où l'Etat possède des actions.

Iya est mort, vive Iya !

Entretemps, les élections sont organisés à la Fécafoot et bien qu'emprisonné, Iya est de nouveau réélu président avec 94% des voix. Chapeau l'artiste !!! On voit bien que la "famille" sait très bien qui est son Parrain.

Les anti-Iya ont souhaité qu'il soit battu puis que l'élection soit invalidé. Ils peuvent sabrer le champagne: le deuxième souhait a été exaucé! Et voilà qu'on se met à rêver que les rênes du foot camerounais soient repris par des mains moins corrompues, moins corruptrices et plus compétentes. Pour la compétence, je ne sais pas trop mais pour la corruption, il serait plus réaliste de rêver traverser l'Océan atlantique à la nage.

Quoi? que je ne devrais pas être pessimiste? Ok, j'accepte de positiver et de croire que la dame Marlène Emvoutou, candidate à la présidence de la Fécafoot, qui a avoué publiquement avoir versé des dessous de table aux membres du comité exécutif, peut laver le maillot sale du foot camerounais souillé par la boue de la corruption. Mieux encore, la dame est autant généreuse avec son argent qu'avec ses poings ! La preuve en vidéo:


Des solutions à ce cirque qui amuse peu?

J'avoue que la question me surprend un peu parce que je n'y réfléchis plus il y a bien longtemps. Peut-être est-ce parce que je pense en avoir trouver des forts simples à tout ce capharnaüm.  Des choses toutes évidentes comme l'oeuf de Christophe Colomb. Lisez plutôt:
  • Arrêter de subventionner la Fécafoot et les Lions Indomptables. Je ne comprends pas pourquoi des anti-Lions de mon acabit devrait payer pour pour que le coach de l'équipe nationale de foot touche des dizaines de millions de nos francs. Que la Fécafoot de se débrouille elle seule, comme une grande, pour payer les encadreurs techniques et les primes des joueurs.
  • Cesser de faire du foot une cause nationale, m... alors!!! Ce n'est qu'un jeu avant tout, un spectacle plaisant et divertissant très souvent, mais quand même pas une question de souveraineté ou d'orgueil nationale! Qu'on arrête donc de comparer nos footeux de l'équipe nationale aux soldats de notre armée: les premiers risquent au plus de se blesser et les seconds peuvent perdre leurs vies pour de bon. 
  • Cesser de se turlupiner le cerveau pour trouver les moyens de construire des stades de foot: pourquoi se gêner avec de nouveaux éléphants blancs ? Si le foot rapporte vraiment, les municipalités et les clubs de foot trouveront bien des investisseurs pour cela.
  • Cessez de fermer les yeux sur la culture de la fraude notamment le phénomène des matchs truqués et surtout la falsification systématique de l'âge des footeux pour les faire paraître bien plus jeunes qu'ils ne le sont en réalité...

Stade omnisport de Bafoussam jamais achevé !












Mais, mon alarme cérébrale me signale que je ne vais pas me faire des amis, surtout pas avec la dernière proposition. Au Cameroun, détourner de l'argent public quand on est fonctionnaire c'est mal, mais falsifier des papiers d'identité pour gagner des compétitions c'est tout aussi innocent qu'accompagner son bambin à la maternelle. Alors, je m'arrête là, mais avec l'idée d'écrire un autre billet sur la pratique de fraude chez les adolescents et les citoyens lambdas. Comme quoi chez nous, quand il s'agit de foot et bien au-delà, la fraude c'est du berceau à la tombe. 

jeudi 20 juin 2013

Charles Ponzi en Afrique

A la lecture du titre de cet article, piqués par une curiosité somme toute légitime, vous demandez: "Mais c'est encore qui, ce monsieur ?", "Qu'est-ce qu'il va chercher en Afrique ?" et "Et puis, si un monsieur lambda se rend en Afrique, en quoi ça nous regarde ?" Ok, ok, je m'en vais, d'ici quelques lignes, vous répondre et vous donner bien d'autres informations qui vous éviterons de vous faire plumer par des gens de l'acabit de Ponzi.

Petite bio du bonhomme Ponzi 

J'entends déjà certains de mes compatriotes camerounais dont le jugement a été imprégné, dès l'enfance, du filtre tribal se dire dans leur for intérieur et même à haute, avec la conscience la plus tranquille qui soit: "Si ce Ponzi est un escroc, il doit un Bam..." Et bien, c'est raté ! Notre brave bonhomme est d'origine italienne... du moins, était d'origine italienne puisqu'il a depuis fort longtemps rejoint ses aïeux escrocs 2 mètres sous terre. 
Deux mots sur le bonhomme.  Né en Italie en 1882, émigré aux USA en 1903, il met sur pied un système de fraude qui fera 40 000 victimes en 1919. Bien qu'il ne fut pas "l'inventeur" de ce système, le retentissement de cette opération sera tel qu'on parlera désormais de chaîne de Ponzi. Si vous vous voulez en savoir plus sur le charmant monsieur du pays des spaghettis, alors partez sur Wikipedia.




Chaîne de Ponzi: mode d'emploi

  Pour ceux qui voudrait connaître au préalable le fonctionnement originelle d'une chaîne de Ponzi, ouvrez ce lien. Comme un dessin -ou un schéma- vaut mieux que 1000 mots, jetez un coup d’œil sur l'image ci-dessus pour vous faire une idée de la méthode.


Trucs et astuces pour réussir son arnaque


Quant à ce qui est des méthodes à employer pour appâter les pigeons à plumer, l'illustration précédant nous fait présumer la première d'entre elle: l'appât du gain. Pour le reste, il faut faire preuve d'inventivité et s'adapter au contexte socio-culturelle africain. 
  1. Ne pas décrivez succinctement le système financiers: les gens hésiteront à s'engager dans un montage que l’arithmétique apprise à l'école primaire ne leur permet pas d'appréhender. Se limiter aux explications concises du genre:"Pour commencer à gagner de l'argent, fait entre dans le système 5 personnes et assure-toi que celles-ci attirent d'autres personnes.
  2. Faites croire aux pigeons qu'en fait, ils investissent dans un secteur économique porteur comme les télécoms -surtout quand on sait que milles et une légendes circulent sur les bénéfices mirifiques des compagnies de téléphone- ou dans un service sociale, d'assurance santé par exemple, dont ils seront les premiers à en tirer profit en plus du gain financier. Comme ce fut le cas l'ONG FAMM qui prétendait mettre sur pied une mutuelle d’assurance santé.
  3. Si vous avez vos entrées dans une bonne partie de ces multiples communautés chrétiennes dites du réveil, si vous êtes dans les bonnes grâces de leurs pasteurs, apôtres ou prophètes -plus le titre est ronflant, mieux c'est, alors réjouissez: les pigeons, biberonner au lait de l'évangile de la prospérité tomberont joyeusement dans le piège... D'autant plus que de nombreux ouailles auront peur d'être traités de rebelles s'ils ne suivent pas moutonnièrement leurs leaders spirituels. Les arnaqueurs d'ICC Services au Bénin l'on bien compris.    
  4. Ne craignez pas que vos plumez tombent sur mon article ou sur tout autre web publication qui les mettent en garde contre votre méthode de fraude. Internet pour eux, c'est d'abord le mail, puis le chat et les rencontres. Pour l'information, ils préfèrent se fier à la rumeur et aux racontars du quartier. Et comme le chaîne de Ponzi paraît trop difficile à appréhender pour nos lumineux chroniqueurs de quartier, c'est comme si elle n'existait même pas.
  5. Au Cameroun, beaucoup de ce qui est écrit en (4) vaut aussi ici pour notre merveilleuse presse que plus personne ne lit, pour nos radios qui ne sont surtout que des jukebox et nos chaînes de télé qui excellent surtout dans le publi-reportage et les débats politiques qui tiennent surtout lieu d'algarades de bars -ou de discussions du café de commerce, comme disent les Français. Nos journaleux ont eu maintes foi l'occasion de parler du système frauduleux de Ponzi à l'occasion des scandales FAMM NGO ou ICC Services au Bénin.    

Afrique Ponzi 2.0

Comment ne pas évoquer la retentissante faillite de Zeekrewards, la société américaine très semblable aux services web d'investissements à haut rendement ? Employé de cybercafé, j'ai pu constater à quel point bon nombre de Camerounais friands d'argent facile, bien que sachant peu faire la différence entre et webmail et un client de messagerie instantanée, s'y étaient investis corps et âmes.
Une de mes clientes, une femme d'âge mûr, qui faisait partie du réseau Zeekrewards me parlaient de gens, qui pour y investir massivement, en étaient arrivés à s'endetter à tel point que la faillite de cette compagnie les ont rendu malades au sens propre comme au sens figuré.

Le pourquoi immédiat de ce post   

Un des documents photocopiés



Hier, mercredi 19 juin 2013, deux femmes sont venus dans le cybercafé où je travaille pour photocopier des documents qui avaient trait à un programme d’investissement typique d'une chaine de Ponzi. Mû par la colère et un certain dépit, j'ai voulu en mon for intérieur convaincre ces pigeonnes qui s'ignorent de quitter cette entreprise frauduleuse. Mais, je me suis retenu pour plusieurs raisons:  
  • elles avaient déjà placé leur argent et auraient cherché à pigeonner d'autres personnes pour au moins rentrer dans leurs fonds, même convaincues de la nature frauduleuse de leur démarche... un peu comme ces Camerounais qui, trompés avec de la fausse monnaie, qui au lieu de la détruire, cherche plutôt à le refiler à une autre personne; 
  • elles venaient juste d'assister à un séminaire dans l'espace un brin luxueux d'un hôtel de la place et les intervenants les avaient certainement éblouis par leur verve oratoire, les sublimes costumes et leurs automobiles rutilantes qu'elles prenaient pour preuves tangibles du succès de l'investissement à haut rendement; 
  •  elles appartenaient toutes deux à une de ces églises réveillées au point de donner des insomnies au voisinage à force de tapage nocturne, mais assommées du sommeil de la naïveté quand il faut flairer une arnaque et aiguillonnées par la cupidité. Pis encore, certains de leurs leaders avaient mordu à l'hameçon et il y a pas plus bouché qu'un chrétien évangélique du Cameroun qui décide de suivre aveuglement les voies tortueuses de son leader.
  •   
    Un des documents photocopiés
Peut-être que les lecteurs jugeront mon silence empreint de lâcheté. Ils auront certainement raison. Mais que peut-on faire pour secourir un pigeon qui aime bien écouter la voix de celui qui le plume?













mercredi 12 juin 2013

Lions Indomptables - Sénat - Matraquage fiscal - Obama

Les Lions Indomptables

 Le 9 juin 2013 donc dimanche dernier, les Lions Indomptables ont été une nouvelle fois domptés. Même si notre équipe nationale a encore son destin entre ses mains, elle s'est notablement compliqué la tâche.
Peu de gens au Cameroun serait surpris de la voir ne pas se qualifier une nouvelle fois en phase finale d'une compétition majeure, en l'occurrence la phase finale du championnat mondiale de football qui se déroulera au Brésil en 2014.
Après avoir fait la grimace au vue des réjouissances populaires après la victoire contre le Togo quelques semaines plutôt, il m'est difficile de ne pas pousser un hourra de joie! Une équipe nationale de football peu performante priverait le peuple de son opium, ce qui pourrait contribuer à son éveil civique et politique. Mais je crains rêver debout et à haute voix.

Le Sénat

Voilà deux mois que le corps de représentants, les plus illégitimes que notre pays est connu, a été élu. En fait, seulement 70% d'entre eux puisque le Roi d'Etoudi, Biya'a bi Mvondo Paul Barthélémy, en a nommé le 3/10 restant. Pour être tout à fait juste, rappelons que la Constitution sémi-monarchique de notre pays lui en donne la prérogative.
Quand je me rappelle que des fieffés naïfs -y compris l'auteur de ces lignes- avaient en la constitution de 1996 une avancée démocratique, je conclus que les leçons démocratiques de l'histoire des autocraties ne peuvent être tirés que par ceux qui résistent aux sirènes trompeuses de la modération.
Pour rappel, tous les partis politiques disposant de députés, même ceux de l'opposition, avaient approuvé le texte fondamental.

Matraquage fiscal

Les mois d'avril et de mai ont été particulièrement âpres pour les commerçants et entrepreneurs des grandes villes du Cameroun. Cherchant certainement à augmenter les recettes fiscales, l'Etat a déployé les agents du fisc qui ont agi avec une sévérité qu'on les connaissait peu dans le passé.
Ainsi, pendant plusieurs jours, le marché de la Cité des Palmiers, quartier de Douala où se trouve le cybercafé qui m'emploie, a vécu la fermeture de 3/4 de ses boutiques et échoppes. 
En guise de réactions, les commerçants et entrepreneurs n'avaient que des geignements et du dépit fataliste. Bien loin de l'attitude de pigeons entrepreneurs français qui réussirent à faire reculer leur gouvernement qui celui-ci poussa trop loin le bouchon de l'abus de la vache à lait entrepreunariale.
De là à conclure que la conscience civique et politique fait grand défaut à nos entrepreneurs...

Obama ou l'art du vice

Hors USA, il y a peu de chance d'être courant des nombreux scandales qui éclaboussent l'administration Obama.La faute d'abord et surtout aux grands médias américains et internationaux qui, par obamalâtrie, ignorent ces affaires qui montrent à quel point Obama cultive le vice en politique.
Tenez par exemple. Le Messie noire ment sans honte pour faire croire à ces concitoyens et au monde que c'est un médiocre vidéaste, le fameux auteur de L'innocence des Musulmans, qui est à l'origine des actions terroristes contre des installations diplomatiques américaines, notamment le consulat de Benghazi. Pis encore il fait tout pour dissimuler le fait que son consul est mort à cause de sa décision de ne pas envoyer des commandos le défendre.
Obama se sert du fisc pour harceler ses adversaires politiques et espionne les journalistes pour découvrir qui, au sein de son administration, leur sert des scoops. 
Les démocrates africains qui prenaient les hommes d'Occident en exemple auraient bien de la peine à défendre un président américain qui tend à se comporter comme un autocrate africain.  

lundi 4 mars 2013

L'éveil d'une conscience politique I - Aux temps agités



Il suffit parfois d’un évènement apparemment insignifiant pour que l’orientation politique d’un citoyen en devenir change radicalement. Ce fut le cas de l’auteur de ce modeste blog. A ceux de mes proches qui me reprochent souvent ma véhémence envers Biya’a bi Mvondo, “légalement” président la république bananière du Cameroun, je dirai pour commencer qu’il n’en a pas toujours été ainsi.
 

Je suis issu d’une famille que je pourrais qualifier de politiquement conservatrice et légitimiste. Bien que ne faisant pas parti ni de l’ethnie, ni du sous-groupe ethnique du président, bien que n’ayant pas bénéficié des passe-droits du Renouveau, elle tenait Biya’a bi Mvondo en très haute estime. Il est vrai que depuis son ascension au pouvoir en 1982, le président avait réussi à séduire les Camerounais par sa langueur que ces derniers prenaient à tort pour une extrême bonhomie.

Cela dit, l’empathie familiale pour Biya tirait surtout son fondement dans une part douloureuse de l’histoire du Cameroun: le maquis nationaliste mené par l’UPC de 1955 à 1970. Ma famille fait partie de l’ethnie minoritaire banen, or les Banen payèrent un lourd tribut culturel et patrimonial pendant cette période agitée. Les maquisards, qui se cachaient dans les forêts de leur région et écumaient à cause de la relative indifférence des Banen à leur combat politique armé, s’en prirent à eux par des assassinats, des viols, des mutilations et des actes de torture.

Le gouvernement d’Ahidjo, à la fois pour mieux protéger des populations banen et isoler les maquisards dans les forêts, ordonnèrent l’évacuation de nombreux villages et placèrent les déplacés dans des “regroupements”. Coupés de leurs terres ancestrales, ces Banen endurèrent une profonde perte de repères et une crise identitaire que le temps n’a cessé d’aggraver. Au regard de ce qui vient d’être décrit, la méfiance de mes parents – le mot “parents” est pris ici dans un sens large – envers les mouvements et leaders politiques, qui s’opposaient au régime en place, se comprend plus facilement.  

Au début des années 90, nous habitions au carrefour Ngoa-Ekélé que j’ai toujours considéré comme le barycentre de la capitale Yaoundé. En effet, nous étions placés entre l’unique université d’État à l’époque, le premier et le plus grand lycée du Cameroun, le siège de  l’Assemblée Nationale, un escadron de la gendarmerie mobile, le quartier général de l’armée de terre, l’école militaire interarmes et à quelques encablures du centre administratif et du quartier des ministères.

En 1991, lorsque l’UPC voulut tenir sa première manifestation publique, nous vîmes un impressionnant déploiement des forces de l’ordre pour cerner le point de rassemblement des militants de ce parti devant le collège d’enseignement secondaire de Ngoa-Ekélé. Nous entendions beaucoup parler du très célèbre Parlement, cette association estudiantine à la pointe de la contestation politique et des revendications relatives à l’amélioration des conditions d’étude des étudiants.

On parlait aussi du groupe estudiantin Auto-défense chargé de casser la dynamique du Parlement, au besoin par l’intimidation et le vandalisme. Mais pour être tout à fait honnête, je dois souligner que si les objectifs poursuivis par le Parlement étaient plus que louables, bon nombre des méthodes qu’ils employaient l’étaient bien moins et se rapprochaient de ceux de l’Auto-défense.

A cet époque-là, nous n’avions que l’inénarrable CRTV radio et télé et la machine de la propagande du Renouveau tournait à un régime si élevé que les pièces de la belle mécanique d’enfumage menaçaient de casser. Tout était fait pour nous dépeindre les contestataires politiques comme des vandales et des vendeurs d’illusion. Chaque soir, dans les journaux télévisés, nous étions gavés des images de locaux commerciaux, de bâtiments publiques ou de maisons d’habitation vandalisés  faisant suite aux manifestations pro-démocratie.

Bien sûr, on ne nous parlait pas de l’emploi disproportionné de la force par la police, la gendarmerie et l’armée qui, trop souvent, tiraient à balles réelles sur des manifestants désarmés. Nous ne savions pas qu’en pays éton, ceux qui prirent le risque d’adhérer au SDF, le parti politique de l’opposition en pointe dans la revendication, furent plus que sévèrement réprimés avec disparition et assassinat à l’appui. Nous savions peu de chose sur ses quatre manifestants mort de Bamenda piétinés par balles dixit l’interprétation logique tirés des explications du ministre de la désinformation de l’époque: Kontchou Komegni Augustin.  

Pour connaître ces choses-là, il fallait se procurer la presse privée... du celle qui ne roulait pas pour le régime en place. Or, en ces temps-la, les censeurs du ministère de la propagande l’information avaient beaucoup de boulot. Il m’avait de tomber sur des articles de journaux rendus illisibles par des crayons marqueurs ou tout simplement floutés. Naïf comme j’étais, je ne comprenais pas le pourquoi de cela. Ces techniques d’un autre temps étaient peu de chose comparées à la suspension administrative pure et simple. Les journaux comme Le Messager durent plusieurs fois changer de nom et devenir La Messagère, La Messagerie ou Le Message pour contourner l’obstacle de la censure.




La suite de ce billet de blog dans le prochain qui sera publié. Promis, juré !