mercredi 22 juillet 2015

Armée du Cameroun, armée des voyous !

Il y a quelques mois, je me suis fait copieusement insulter par des compatriotes parce que je révélais mon incapacité à pleurer sur les tombes de nos soldats mort en combattant Boko Haram. J'expliquais cette incapacité par le souvenir encore trop douloureux des massacres de leurs propres concitoyens que ces soldats avaient accomplis en 2008.

J'aurai pu aussi bien ajouter ces multiples vexations que la trop grande proportion de voyous de notre armée font subir à la population, mais j'avais préféré m'en tenir à la répression des émeutes de la faim qui montrait à quel point notre armée est notre ennemi. Et quand notre ennemi permanent (l'armée) se bat contre un ennemi temporaire (Boko Haram), il est indécent d'exiger que nous manifestions de la compassion pour notre premier ennemi.

Pourquoi cette piqûre de rappel ? A cause de ce qui vient de se passer il y a quelques minutes à Yaoundé, quartier Melen, en face de l'Ecole Polytechnique, après qu’un camion de la Garde Présidentielle (la division de soldats voyous qui assurent la sécurité du Roi Fainéant) et une voiture taxi soient entrées en légère collision. Parler de légère collision est même exagéré puisqu’il n’y a pratiquement pas eu de dommages matériels, encore moins de victimes humaines.

Comme nous le savons tous, les chauffeurs des camions de l’armée et nos taximens ne se distinguent pas spécialement par leur zèle à respecter scrupuleusement le code de la route. Mais dans le récit qui nous concerne, le chauffeur de taxi est fautif. Ce dernier, conscient de la beauté des draps dans lesquels il s’est mis, s’empresse de sortir de son véhicule pour s’excuser à force de supplications auprès de l’escouade de voyous qui descendent dare-dare du camion pour bastonner l’infortuné taximan.

Soyons juste et relevons quand même qu’un des soldats de la GP essaie en vain d’empêcher ses collègues de « corriger » le malappris qui a osé les contrarier et d’une même coup, donner une leçon à la population puisque cette scène a lieu en public, dans une zone de grande affluence. Ajoutons aussi que le pauvre taximan ne devra son salut qu’à un adjudant-chef en civil qui passait par là.

Cela dit, si le comportement du soldat de la GP qui essayait de calmer ses collègues et celui de l’adjudant-chef sont honorables au plus haut point, il ne compense en rien les vexations régulières de l’armée sur la population. Autrement dit, deux êtres humains placés dans un zoo ne transforment pas par leur seule présence ce milieu en colonie d’homo sapiens.

Comment en est-on arrivé à avoir une armée qui soit le premier ennemi armé de la population ? D’accord, le Roi Fainéant et son régime clientéliste et corrompu y sont pour beaucoup. Mais, nous citoyens lambdas en sommes les premiers responsables. Comment cela ? En acceptant complaisamment que nos parents ou nos frères envoient dans l’armée non pas les enfants ou les frères les plus respectueux de la vie et de la dignité de leurs concitoyens, mais plutôt les enfants ou les frères voyous en espérant que l’armée les canaliseraient.


Aujourd’hui, nous payons le prix de cette complaisance. 

1 commentaire:

  1. Je m'inquiète toujours de nos libertés s'il faille que ces militaire raflent les villes comme sollicitent certains par emotion

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