Cela doit remonter à plus de dix ans que je n’ai plus acheté un journal camerounais. Passionné d’actualités à l’époque, élève en classe de terminal, je m’étais donné comme défi d’acheter un journal chaque semaine. Parmi les publications principales, mon favori était Le Messager pour sa liberté de ton et son impertinence à l’égard des tenants du pouvoir politique. Mais, afin de garder une certaine ouverture d’esprit, je me procurais tous les titres édités régulièrement, même Cameroon Tribune , le quotidien détenu par l’État, dont l’allégeance au gouvernement crevait les yeux. Par contre, mon père, qui lisait aussi beaucoup la presse, ne cessait de la critiquer de façon acerbe. Il l’accusait : de s’être largement décrédibiliser entre 1990 et 1993 en diffusant de fausses nouvelles ; de se taire sur des méfaits que commettaient certaines personnalités politiques ou du monde des affaires à cause de leur accointance tribale avec la plupart des directeurs de pub...