Depuis plus d’un mois, les abonnés à AES Sonel, la compagnie d’électricité, subissent des coupures plus que fréquentes de courant électrique. Dans le quartier de Douala où je réside et travaille, la fourniture d’électricité est suspendue chaque jour pendant une durée d’au moins deux heures. Bien que cela soit source de gêne domestique et de manques à gagner pour un bon nombre d’opérateurs économiques, la population élève peu la voix pour exprimer un quelconque ras-le-bol et les heures d’obscurité nocturne sont vécues avec une certaine résignation. On est bien loin de l’année 2001, quand le gouvernement camerounais venait juste de céder la Sonel, alors propriété de l’Etat, à la multinationale AES Sirocco. A cette époque-là, des concerts de cris d’orfraie et de récriminations accueillirent la privatisation de la Sonel. Les slogans antioccidentaux et anti-américains du genre “U.S., go home!” faisaient florès. Que n’avait-on pas attendu à propos de la recolonisation économi...