lundi 28 janvier 2013

Famille, je vous aime



Comme bon nombre de mes lecteurs, j’ai pu passer le début de l’année 2013 en famille. Parce qu’une telle chose ne m’était plus arrivée il y a bien longtemps, j’ai pu goutter avec une nouvelle fraîcheur le bonheur que peut procurer une famille dite traditionnelle. Par famille traditionnelle, j’entends celle qui se compose d’un père et d’une mère mariés officiellement qui, à défaut de filer le parfait amour, se “supportent” par convenance et d’une fratrie qui ne nourrit ni jalousie ni amertume entre ses membres.

Certains relèveront, avec raison, qu’il y a un bon nombre d’autres familles de ce type qui jouent les prémisses de l’enfer eschatologique. Je répondrais tout simplement par une vérité subjective: je préfère de loin cette béatitude familiale à celle que peut procurer les foyers “modernes”. Par foyers modernes, je veux parler des foyers monoparentaux et des familles postmodernes homosexuelles.

Dans ma jeunesse, j’étais assez frappé par la proportion importante d’enfants de ma génération dont les pères, au mieux avaient pris la poudre d’escampette peu après leurs naissances, au pire étaient purement et simplement inconnus. Je demandais souvent ce qu’allait produire cette génération n’ayant pas connu de véritable autorité paternelle. Des enfants issus de familles  décomposées auraient certainement été plus enclins à reproduire le schéma familial dans lequel ils avaient vécu.

J’ignore si des sociologues ont pris la peine d’étudier sur les enfants l’impact de la décomposition de la cellule familiale au Cameroun. Mais, je constate avec regret que beaucoup de mes jeunes concitoyens de sexe masculin, bien que disposant de moyens financiers, ne songent pas vraiment à se marier et fonder une famille. Ils préfèrent généralement le concubinage ad vitam aeternam. Pis encore, certains se vantent publiquement de n’avoir pas assumé leur devoir de père et par conséquent d’avoir fait de leurs enfants des “bâtards”.

Il m’était arrivé plusieurs fois d’entendre des femmes mûres de ma famille, mariées et mères d’enfants, exprimer leur admiration pour des femmes libres et indépendantes, et dont les enfants possédaient chacun son propre père. Comment en est on arrivé là ? Ce peu-de-cas, qui est fait de la famille dite traditionnelle, ne  provenait pourtant ni des valeurs africaines pré-coloniales ni du christianisme qui s’est implanté à la faveur de la colonisation.

A la déliquescence familiale sus-évoquée s’ajoute un autre péril qui vient cette fois d’Occident. Dans quelques semaines, la France entérinera son fameux “mariage pour tous”, terme politiquement correct pour désigner le mariage (sic) homosexuel. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, les couples gays pourront adopter des enfants issus des relations hétérosexuelles et même avoir recours à la procréation médicalement assistée pour se fabriquer des bébés. Aux États-Unis, Obama défend ouvertement le mariage homosexuel et une place de choix a été accordée à des personnalités gays lors de la cérémonie d’investiture présidentielle.

Aujourd’hui, les pays africains qui envisagent de pénaliser les relations homosexuelles peuvent s’attendre à des mesures de rétorsion de la part de certains pays occidentaux. Ce fut le cas de la Sierra Leone qui dut faire marche arrière face aux menaces américaines de suspendre l’aide financière. C’est à peine si le Cameroun, dont des juges condamnent de temps à autre des homosexuels, ne passe pas pour un pays de sauvages et d’arriérés.

Il se trouve même d’éminents Camerounais de la diaspora comme Patrice Nganang ou PatriciaBakalack pour qualifier les Camerounais d’intolérants, oubliant au passage de stigmatiser l’intolérance des Américains ou des Français à la polygamie.

Le 21 décembre 2012, nombreux furent ceux qui attendirent soit avec incrédulité soit avec anxiété la fin maya du monde. En fait, le calendrier maya parlait plutôt de la fin d’un cycle temporel. Au regard des mutations sociétales qui sapent la famille telle que conçue depuis des millénaires et dans la plupart des sociétés, je me demande si cette fin de cycle ne concernait pas la famille traditionnelle.

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